« Sware plim poul » fait la différence

« sware plim poul » s’organise tous les mercredi soir, à delmas 33, au Parc Midoré. C’est une
initiative de BIC, chanteur et entrepreneur. L’entrée est libre et ouverte au grand public. A
travers « sware plim poul », BIC met au-devant de la scène les nouveaux talents qui émergent
dans le secteur musical. Des artistes comme Dòk Jouma, Ray Raymond, ont déjà performé sur le
podium de « sware plim poul ».

« Sware plim poul » se distingue des autres festivités populaires par la sélection des musiques
utilisées, le choix des artistes et le public qui y assiste. C’est un moment de détente saine où
même des enfants peuvent venir assister. « C’est un loisir dans lequel on ne va pas entendre des
mots vulgaires ni des chansons qui contiennent ces mots. Nous organisons une soirée culturelle
qui est différente des activités de débauche qu’on organise de nos jours dans lesquelles les jeunes
sont livrés à toutes sortes de plaisir malsain », dit BIC.

Nous sommes le mercredi 28 aout 2019. Il est 8h PM. Le parking du Parc Midoré est presque
saturé par les voitures des mélomanes de « sware plim poul ». La salle du spectacle est à moitié
remplie des spectateurs qui n’attendent que le signal du maître de cérémonie. Au fond, un rang
de fans achète le 7e
album de BIC qui profite de cette énième soirée pour lancer la vente
signature. Le décor est parfait. Les spectateurs sont assis convenablement sur les chaises dans
l’espace. Certains boivent de l’alcool, d’autres savourent quelque chose. Entre les lumières qui
éclairent et les instruments de musique qui sont installés, le podium attire fortement les regards.
Dieunaldo, slameur, est l’animateur de « sware plim poul ». Comme d’habitude, c’est lui qui
annonce les diverses prestations qui auront lieu au cours de la soirée. Il vient d’annoncer la
montée sur scène de BIC.

Dans sa tenue gris et noir, BIC gravit le podium et commence à interpréter quelques morceaux
de son nouvel album. Ce mercredi, c’est lui qui est l’artiste de la soirée. Anlagan, BICsyonè,
devan li ye, kokorat sont, entre autres, les titres qu’il a joués pour faire plaisir à son public. Ce
dernier n’a pas pris du temps pour mémoriser quelques paroles des nouveaux chansons. Dans un
mouvement de va-et-vient, les mains des spectateurs témoignent leur appréciation du produit tout
neuf que leur offre l’interprète de « kokorat ». Après chaque prestation, leurs applaudissements
se mêlent avec des cris de joie qui donne l’impression d’un sentiment de satisfaction. « Bon bagay », « bravo », peut-on entendre dans la foulée. Si certains se contentent de filmer avec leurs smartphones les meilleurs moments de cette soirée, d’autres répètent avec l’artiste les refrains des
chansons qui leur plaisent.

Mazora, Dòk Jouma, Pastè Blaze sont quelques-unes des personnalités populaires qui étaient
présent à cette activité. Des enfants faisaient partie aussi du public. Cela
justifie les déclarations de BIC quand il a dit avec fierté: « Je compose des musiques dont les
paroles peuvent être répétées par n’importe quel enfant de dix ans que vous avez chez vous ».
BIC vient de jouer sa dernière chanson. Il est minuit. La soirée s’arrête là en attendant la prochaine. Ça recommence dans 8 jours.

John Smith JUSTIN
johnsmith.justin@yahoo.fr

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Les « statuts » WhatsApp, un nouveau mode de communication?

Si l’objectif de départ c’était de tenir ses amis au courant de ce que l’on fait en s’amusant, aujourd’hui l’utilisation du statut WhatsApp dépasse les attentes. C’est désormais un espace où l’on retrouve une diversité de contenus. On s’en sert pour exprimer son humeur, présenter des voeux d’anniversaires, partager ses sympathies, faire de la publicité, interagir…

Force est de reconnaître que les statuts WhatsApp ont modifié les conversations privées. Les désirs de poster et de regarder des statuts remplacent ceux d’écrire et de lire des textos. Si tu veux être au courant de ce qu’un ami veut te communiquer, il suffit de te rendre sur son statut. De même, les statuts constituent le chemin par lequel certains passent pour t’envoyer un message privé. Ils sont nombreux les échanges et les interactions qui se font au quotidien sur les statuts. Les captures d’écran couramment appelé « screenshots » en témoignent beaucoup. Il paraît que les gens perdent le goût d’écrire au profit des « vues » des statuts.

Mais tout cela n’est pas innocent. Le fait de signaler en permanence des notifications, le statut suscite chez ses adhérents cette propension à cliquer sans cesse pour voir les nouveaux contenus. Ainsi, il provoque chez eux ce que j’appelle « une addiction à la vue ».

Avec plus de 450 millions d’utilisateurs, le statut WhatsApp devient un nouvel espace de communication virtuelle où émetteurs et recepteurs s’échangent entre eux. Il va de soi que cette fonctionnalité est incontournable aux utilisateurs de la messagerie instantanée la plus populaire au monde. Toutefois, la prudence est de mise afin que cet outil de communication ne devienne un outil aliénant.

John Smith JUSTIN

johnsmith.justin@yahoo.fr

Bois-Caïman, un lieu historique à visiter

Situé à Morne-Rouge, dans le département du nord, Bois-Caïman symbolise le lieu du premier soulèvement général des esclaves qui a conduit à la guerre de l’indépendance d’Haïti. Ce samedi 27 juillet 2019, des étudiants à la faculté des sciences humaines visitent ce lieu historique.

Sur la cour, le constat est sombre. Entre des maisonnettes remarquées et la présence de quelques passants, la réalité ne dit pas grand-chose. Une marchande de boissons gazeuses s’installe pour défendre son gagne-pain. Le pérysril est clôturé en murs et toituré de tôles. M. Frantz Jean RAYMOND, connu sous le nom de « Mèt Zaza », nous reçoit. Vêtu à l’africaine, micro en main, il nous raconte les histoires inédites de la cérémonie du Bois-Caïman.

« Se te anviwon 200 esklav ki te prezan lè seremoni bwa kayiman an. Manbo Iman ki te yon sèvitè lwa te sèvi ak yon lanbi nan bouch li pou l rasanble esklav yo pou seremoni an. Se li ki te mèt seremoni an », a-t-il affirmé. Interrogé sur l’origine du sang du cochon utilisé pour donner aux esclaves, « Mèt Zaza » croit que ce qu’on dit sur ce sujet est contraire à la réalité. « Lè lespri a te monte nan tèt manbo Iman, se yon kochon li te mande kòm sakrifis. Kòm nou pa t gade kochon, se sèl kolon blan yo ki te gade kochon, tout esklav yo youn t ap gad lòt yo pa t konn sa pou yo fè. Lè sa a gen yon esklav ki rele Claude Michel Vixama Legrand ki te di si se pou l bay tèt li kòm sakrifis pou pèp la ka libere li pa gen pwoblèm. Se konsa espri ki te nan tèt manbo Iman an te ajite sou Vixama epi li te tounen yon kochon. Se san sa a esklav yo te bwè a », declare t-il avec fermeté.

A l’intérieur, le pérystil donne l’impression de dessiner cette cérémonie du 14 août 1791. Des bougies sont allumées, les statues de quelques figures phares de la cérémonie attirent les regards. On remarque celle de la Prêtresse Iman, celle du cochon, et à quelques mètres en arrière celle de Makandal, l’un des esclaves marrons. « Mèt Zaza » affirme que mambo Iman était une prêtresse vodou qui se servait de ses pouvoirs mystiques pour inciter les esclaves à la révolte. « Avèk san kochon an li te fè yon kwa nan tèt chak esklav ki te nan seremoni an epi li te di yo jete ti gout san nan chak sous dlo yo yon fason pou lè fransè yo vini yo bwè dlo a pou l ka ba yo dyare pou yo mouri », raconte t-il.

Selon Frantz Jean Raymond, le nom Bois-Caïman vient des cérémonies religieuses que la prêtresse Iman avait l’habitude de faire tous les week-end dans le quartier. Les esclaves qui se rendaient à ces cultes disaient  » mwen pral nan seremoni bò kay Iman an ». C’est ainsi que le nom Bois-Caïman fut resté comme nom officiel de la zone.

Comme perspective, le représentant actuel de ce « lakou » prévoit achever la construction de la place Boukman dont les travaux sont déjà en cours. Dans les coulisses, il nous explique qu’il n’a jusqu’à date reçu aucune aide de l’Etat haïtien pour la rénovation de Bois-Caïman. « Travay nou wè ki fèt la yo se ak kòb pa nou nou fè yo. Se nan yon kay an bwa peristil la te ye, se apèn nou ap rekonstwil ». Selons ses dires, « Mèt Zaza » compte inaugurer la place Boukman le 14 août prochain. Entre-temps, des visiteurs ne cessent de défiler vers cet endroit qui représente beaucoup dans la liberté acquise par nos ancêtres.

John Smith JUSTIN

johnsmith.justin@yahoo.fr